Manobia's profilepuisqu'il est l'heure......PhotosBlogListsMore Tools Help

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    September 06

    chronique du samedi matin

    VQ pour de vrai !

    Ce matin je vais faire mes courses à intermarché Villecresnes, le plus tôt possible vu que je déteste faire les courses et plus encore quand il y a du monde.

    Il était 9 h moins cinq environ, donc ce n'était pas encore ouvert.

    Je n'ai vu qu'elle, fasciné mais pas dans le sens que vous pourriez imaginer.

    La soixantaine, le visage congestionné et le cheveu rare, elle avait placé son chariot pour pouvoir être à coup sûr la première à entrer, surveillant méchamment si personne n'allait passer devant elle (ce n'était pas les soldes et nous devions au moins être 7 ou 8 à attendre l'ouverture!!! ).

    Chaque nouvel arrivant dans la file d'attente informelle, à la fois un défi et une insulte, était gratifié d'un regard aussi noir que celui du taureau dans Carmen.

    Il y eut un déclic, je la vis se ramasser : elle seule avait reconnu le bruit du déverouillage des portes automatiques.

    Les portes s'ouvrirent et elle fusa pour être la première à pénétrer l'Intermarché.

    J'imaginais qu'il ne restait qu'un exemplaire d'un truc super rare genre brillantine Forvil, pâtes La Lune, crême Eclipse, vin des Rochers (le velours de l'estomac), dentifrice Gibbs moussant ou Camélias Perfecta...

    Elle était au fruits et légumes, quasiment seule, en train de tripoter les pamplemousses !!!

    January 23

    Un siècle de novembre

    Je viens de finir "Un siècle de novembre". Ecrit par un auteur canadien que je ne connaissais point ( W.D. Wetherell).

    Un père part de Vancouver, en novembre 18, pour voir l'endroit ou est tombé son fils en Flandres.

    Nous le suivons dans le Canada et l'Europe en fin de guerre et en pleine grippe espagnole.

    On regrette qu'il n'y ait que 200 pages.

    Pas rigolo mais très prenant, écrit avec sobriété.

    Très simple, très fort.

     

    March 20

    du vécu...

    j'espère ne choquer personne en écrivant ces lignes ; ce n'est pas le but en tous cas.

    Depuis l'âge de 20 ans, j'ai vécu avec plus ou moins de bonheur les jeux de l'amour.

    Parfois piquants, parfois fades.

    Parfois tendres, parfois distants.

    Il m'est arrivé de satisfaires certains fantasmes, parfois avec joie, parfois en étant déçu.

    Je vais vous raconter ce qui est pour moi un des souvenirs les plus forts, plus fort même que certains jeux plus...poussés.

    A cette époque je me levais à 4h pour aller travailler. Je revenais chez moi épuisé en début d'après-midi et allais générament me coucher pour une sieste à l'issue de laquelle je me réveillais généralement totalement vaseux, la "tête dans le cul".

    Je travaillais un samedi sur deux.

    Je me couchais donc le samedi, aussi (et non pas Emilie...).

    Parfois, ma compagne de l'époque, en milieu d'après midi, venait quand l'envie lui en prenait, me sortir du sommeil profond en se glissant nue contre moi, et me réveillait ainsi...en douceur.

    c'est tout !

    Eh bien c'est un des souvenirs pour moi qui a la plus grande charge érotique, mais aussi de tendresse, inséparable (pour moi).

    Voilà

    c'est tout

    mais c'est VRAI !

    January 03

    1945

    1945

    Juin 1945 ; la blessure est encore ouverte et la plaie saigne encore.

    La jeune femme marche le long de la route blanche ; les chenilles des chars ont laissé les empreintes. Des camions encore noirs des flammes sont là, poussés au bord, dans le fossé.

    Elle ne voit pas les épaves, elle ne voit pas les entonnoirs des bombes. La vie est là. La sueur goutte à ses aisselles. Elle a mis des chaussures plates pour mieux marcher. Des chaussures plates et une robe fleurie.

    Elle sent la chaleur dans son corps.

    Là où elle marche, quelques semaines, quelques mois auparavant : les combats.

    Aujourd’hui, son ventre est chaud. Elle va retrouver un homme, qu’elle ne connaît pas. Un homme, un soldat ; un soldat américain, elle n’en est pas très sure. Elle sait qu’elle s’offrira à lui. Non, pas pour le remercier d’être venu, mais parce que c’est ce printemps que son corps désire.

    Elle sait que malgré sa peur et sa pudeur, elle écrasera ses seins contre la peau chaude et parfumée de l’homme – la sueur – Elle sait que son ventre recevra l’Homme. C’est inéluctable. Elle sent aussi son odeur de femme, et cela ajoute au désir.

    Cela ne peut être autrement.

    Elle va le rejoindre dans le chemin creux.

    Le soleil se couche. L’herbe de juin, non encore fauchée, l’odeur de l’herbe.

    Il est là qui l’attend, avec son bon sourire. Sans doute demain sera-t-il reparti.

    Elle va vers lui, légère.

    Il pose la main sur sa taille.

    La vie.